Monographie de Méricourt-sur-Somme

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L’église.

Correspondance entre anciennes mesures françaises utilisées et le système métrique.

MESURES DE MASSE
1 livre = 489,5 g
1 marc = 8 onces, soit 244,75 g
1 once = la 16e partie de la livre, soit 30,594 g 1 gros = la Be partie de l'once, soit à peine 4 g.

MESURES DE VOLUME pour matières sèches
1 minot (de sel) valait 52 l (4 boisseaux)
1 boisseau valait 12,51
1 setier valait environ 156,10 l
(variable suivant le pays et la matière mesurée)

MESURES DE VOLUME pour matières liquides
1 muid: 2741 pour le vin
1 setier ou 1 chopine: 0,47 l

MESURES DE LONGUEUR
1 pied (ou 12 pouces) : environ 33 cm
L'origine de ce mot vient du pied de Charlemagne qui était fort long et avait été pris pour unité de longueur sous le nom de "pied de roi"
1 pouce: environ 2,710 cm
1 toise (6 pieds) : 1,949 m (var. suivant pays) 1 perche (de l'arpent ordinaire) : 6,496 m.

MESURES DE SURFACE
1 pied carré = 0,105521 m2
1 arpent ordinaire = 42,21 ares 1 verge (Méricourt) = 41,98 m2
1 verge ordo : 1/4 d'arpent soit 10,55 ares
1 perche carrée = la 100e p. de l'arpent soit 4,05 ares la perche valait 34,18 m2 à Paris
1 journal, ancienne mesure agraire, est la surface labourable par 1 homme en 1 jour. Variait suivant les régions. 1 journal à Méricourt = 40 ares

MONNAIES
La LIVRE : unité monétaire qui valait primitivement le prix d'une livre d'argent. Se divisait en 20 sous. Le SOU ou SOL se divisait en 12 deniers ou deniers tournois.
Le DENIER est la 240e partie de la livre.
Le SOU parisis se frappait à Paris.
Le TOURNOIS s'est dit jusqu'au XIIIe siècle de la monnaie frappée à Tours, puis de la monnaie royale frappée sur le même modèle. - Elle était d'un quart moins forte que la monnaie parisis.

Les NOTES sur le PRIEURE, l'EGLISE et les DU GARD ont pour référence Hector JOSSE,
- de la société des Antiquaires de Picardie (Amiens, 1880, Imprimerie A. Douillet)
- Bulletin de la Sté des Antiquaires de 1880, n° 3.

MONUMENTS GENERALITES : (guide de l'office du Tourisme de la Somme édité en 1973, ma référence pour ce 1er paragraphe)

Partout où la craie abonde, se sont ouvertes de profondes carrières dont le matériau a servi à l'édification de nos églises. Ce matériau, friable malheureusement, est propice à la décoration, on l'a employé pour les superstructures, mais les soubassements, les contreforts et les culées sont en grès. - Dans le Santerre (nous en sommes à la limite) et le Vermandois, là où la terre à briques affleure partout, la plu part des églises sont bâties en briques roses dont la. teinte s'harmonise admirablement avec les contreforts, les soubassements, les linteaux et les encadrements de pierre blanche et les toitures d'ardoises bleues ou violacées. - Ces trois teintes et toutes les nuances sont la marque des constructions du pays de Somme. On les retrouve aussi bien dans nos églises (Tilloloy) que dans nos châteaux (Rambures) ou dans les hôtels particuliers.

 

EGLISES : Celle de Méricourt-sur-Somme est bâtie sur le plan de la croix latine. Son clocher pointu à 4 pentes est recouvert d'ardoises. Il est surmonté d'un paratonnerre, d'une croix et d'un coq.

- église ancienne -

HISTORIQUE de l'EGLISE (Bibliothèque Mazarine - (bibliothèque publique de Paris, rattachée à la bibliothèque nationale en 1930)) - (abbé de Cagny dans l'Histoire de Péronne, 1er v., 10939)
D'après la bibliothèque de Cluny, l'église de Méricourt (-sur-Somme, de par sa position sur la rive méridionale de cette rivière) fut fondée par Geoffroy, évêque d'Amiens. Dédiée à St Martin, elle fut donnée en 1111 au prieuré de Lihons-en-Santerre, avec la moitié des revenus de l'autel d'Harbonnières. Les moines de Lihons, monastère de l'ordre de St Benoît de Cluny, y établirent un riche prieuré de leur ordre (de plus de 1000 livres de revenu), réuni plus tard à l'Abbaye de Corbie en 1265-67.

D'après le père Daire, l'ancienne église renfermait, avant la révolution, de riches antiquités et un Christ fort curieux. Sur une croix de cuivre doré, émaillée et ornée de cristaux de différentes couleurs, on voit un crucifié attaché avec 4 clous, ayant sur sa tête une couronne royale et sur les reins un tablier qui descend jusqu'à mi-jambes. Ce crucifix n'existe plus. Dicton de l'époque : "Par Espagnols fut pillée, dévastée, m' n'église riche in antiquités"

Contrairement à une croyance dans le village, il n'y a jamais eu 2 églises, mais 1 église et 1 prieuré. L'ancienne église était divisée en 2 parties distinctes : d'abord la partie basse (la nef destinée aux offices paroissiaux, placée sous le vocable de St Martin et desservie par un vicaire perpétuel ; puis la partie haute, désignée sous le nom de chapelle Notre-Dame, exclusivement réservée au prieur ou à son chapelain.

D'après un titre de 1621, le prieur devait y célébrer annuellement les 5 fêtes de la Vierge. Purification, Annonciation, Assomption, Nativité, Immaculée Conception, par le chant des premières Vêpres, des matines, de la grand'messe, des secondes Vêpres et des complies. - Dans ces jours le Vicaire perpétuel était tenu de remplir les fonctions de diacre. - Le prieur ou son représentant avait en outre l'obligation de dire 3 messes basses chaque semaine, le dimanche, le jeudi en l'honneur du Très Saint Sacrement, et le samedi en l'honneur de la Ste Vierge. - La bénédiction de l'eau bénite était réservée au prieur et précédait la messe du dimanche.

C'est dans la chapelle de Notre-Dame, ou du prieur, que les seigneurs du lieu avaient choisi leur sépulture. Nous avons l'exemple de la tombe commune de Charles et Jehan du Gard transportée sous le lutrin de l'église. Au Moyen-Age le lutrin désignait non seulement le pupitre mais parfois aussi le jubé et les chaires.
L'usage des jubés, séparant le choeur de la nef dans certaines églises, cessa vers le XVIIe siècle où l'on adopta la chaire à prêcher. Dans notre église, le lutrin se situe vraisemblablement devant l'endroit où est placé l'hannonium, en avant de la chaire, là où se trouve l'autel actuel.

En 1880, le dallage fut remplacé par du carrelage et le curé de l'époque, l'abbé Ricquebourg, désireux de conserver l'unique monument antique que possède son église (Hector Josse, de la Société des Antiquaires de Picardie) enleva soigneusement la pierre avec l'intention de la faire restaurer et dresser contre l'une des murailles intérieures. Ce projet n'était pas exécuté en 1880 mais a dû l'être rapidement, la pierre tombale n'ayant pas souffert de la dépose. Actuellement elle est scellée dans le mur, sur la gauche en entrant par le grand portail.

En 1817 des travaux urgents de réparation furent estimés à 785 F, payés par la vente des arbres du cimetière et quelques autres dans le village.

Le 19 juin 1827 (ref. Archives Nationales). Le Conseil Municipal, vu l'urgente nécessité de restaurer l'église qui menace ruine, d'y reunir la chapelle qui lui est adhérente, et de la rélargir vers la voie publique pour qu'elle puisse commodément contenir tous les paroissiens,
vu les plans et devis estimatif montant à la somme de 23 000 F faite par le sieur NOZO architecte nommé par M. le Sous-Préfet
vu le Budget de Fabrique qui représente en caisse la somme de 76 F 63 centimes
vu l'art. 92 du décret du 30.11.1809 qui oblige les communes de suppléer à l'insuffisance des revenus de fabrique pour les réparations et autres charges portées à l'art. 37 dudit décret
vu que le budget de la commune ne laisse en caisse que la somme de 61 F 20 centimes
Considérant que la commune ne peut subvenir à une dépense de 23 000 F que par la vente d'une portion de marais à usage d'extraction de tourbes, pour cette fin, le Conseil supplie M. le Préfet d'ordonner qu'il en soit emparqué jusqu'à concurrence de pareille somme au bac du Pré dit "le Marais du Moulin" et d'autoriser sa demande.

Délibéré à la Maison commune le 14.5.1827, et ont signé Havequez, Fillieux, Delaporte, Havequez, Ailly,
Lenglet, Panier et Objois avec paraphe.
Méricourt-sur-Somme le 19.6.1827.


Le 22.4.1828 : Rapport de la Commission des Bâtiments Civils sur les travaux à exécuter à l'église: maçonnerie en très mauvais état, ainsi que les combles - église trop petite - choeur derrière les piliers qui portent les cloches en partie caché. - On demande la suppression du clocher pour le reporter ailleurs, par exemple à l'entrée principale. - Il faut renoncer à l'idée de la terminer par une flèche, "à cause de la propriété qu'ont ces sortes de constructions d'attirer la foudre, ce qui occasionne souvent des incendies".

En 1830 des travaux de restauration furent necessaires. L'architecte Nozo de Péronne fut choisi. Le Conseil Municipal décida de ne pas réemployer les vieilles ardoises qui serviraient à des travaux moins importants.

Le 28.6.1831 la Commission Consultative des Bâtiments Civils propose de faire continuer les travaux au compte du sieur Descoutures (caution de PinchinaO résidant à Pissy, lors de l'adjudication du 21.3.1829.

Le 9.7.1832, le sieur Pinchinat, charpentier à Longueau, entrepreneur des travaux de reconstruction de l'église, ne pouvant se faire délivrer l'acompte promis, demande l'autorisation de poursuivre la Commune. Elle lui est accordée par le Conseil de Préfecture. De son côté la commune dit que l'entrepreneur a abandonné les travaux et lui demande de terminer à ses frais. Elle signale des malfaçons.

Le 23.1.1833, le Conseil de Préfecture autorise l'entrepreneur à plaider et la commune à défendre. - Le 10.3.1836 une transaction intervient. - La commune ayant déjà payé 22 627 F 91 reconnaît devoir 14 038 F 08 avec intérêts. Elle retiendra 1900 F 71 pour malfaçons et frais. Le total s'élevait à 36 665 F 79.

L'église fut donc restaurée. Le clocher, comme proposé, fut supprimé et édifié du côté du grand portail, entrée principale. Et c'est un édifice sans grand intérêt architectural qui remplaça l'ancienne église en 1840.

Plus tard une nouvelle restauration fut nécessaire à l'intérieur.

Le 25.9.1860, construction de 2 autels pour les chapelles latérales, les anciens étant en mauvais état. C'est Isodore Delaporte qui fut chargé du travail. Coût: 997 F 95.


Le 26.2.1861, ACTE CONSTATANT L'AUTHENTICITE DU CHEMIN DE LA CROIX DE L'EGLISE DE MERICOURT-SUR-SOMME.
Nous, soussigné Doyen de Bray conformément à la faculté qui a été accordée en vertu du rescrit de Sa Sainteté N. S. Père le Pape Pie IX en date du 30 septembre 1856 et suivant l'approbation écrite de Monseigneur l'Evêque d'Amiens en date du 26.2.1861, avons érigé ce jour dans l'église de Méricourt, même diocèse, et sur l'invitation écrite de M. le Curé en présence des soussignés le Chemin de Croix en via Omère avec les formalités et cérémonies requises.
En conséquence et suivant la teneur du rescrit tous les fidèles qui visiteront ces stations et rempliront les conditions prescrites pourront gagner chaque fois les indulgences attachées à cette dévotion par les S.S. Pontifes.
Cet acte a été mis aux archives le 17 mars 1861.
Ont signé : E. Vialard, curé Doyen de Bray, Demailly, Objois, Delaporte, Lejeune, Devillers, Denizart Curé¬Desservant de Méricourt-sur-Somme, le Maire, V. Buquet.


N.B. Ce Chemin de Croix ainsi que le bénitier en marbre blanc sont des présents de Mme Barré, décédée à Méricourt à l'âge de 96 ans, le 28 mars 1862.


Le 5.2.1864, travaux de menuiserie et peinture aux autels pour 953 F 46. En 1879, travaux au choeur, pour 1231 F.

En 1896,réparations au clocher par Jean-Baptiste Sadousty couvreur à Sailly-Laurette, 970 F 60. - Remise à neuf de l'horloge, 500 F.

En 1897, le clocher menace ruine. Isidore Delaporte le répare, en même temps que le mur du cimetière.

Guerre de 1914-18 : dommages de guerre, la commune étant sinistrée à 75%.

Guerre de 1939-45 : dommages de guerre, la commune est endommagée cette fois aux 2 tiers.

- l'église actuelle -


La tourmente a détruit les vitraux de l'église, offerts par les fidèles; non des oeuvres d'art mais d'épais carreaux en verre cathédrale. Un seul a pu être reconstitué, en utilisant les vitres épargnées. C'est celui du choeur, à gauche. Le milieu forme une croix violette. EUe est entourée de carreaux jaunes. La vitre centrale est incolore et peut s'ouvrir. Le tout, très lumineux, était magnifique par temps ensoleillé. Le nom des donateurs était noté dans le bas. - Lui faisant face, un autre vitraiL Dans le haut, les derniers carreaux d'origine. Une jolie croix constituée de verres géométriques aux teintes vives s'inscrit dans un entourage incolore qui la valorise. Des statues de saints, également offertes par de généreux donateurs, ont échappé à la destruction. Elles contribuent à l'ornementation du sanctuaire et transmettent leur message de sérénité.


- lustre de l'artiste Edgard Choquet -

- fonts baptismaux. Oeuvre d'art par E. Choquet -



Une très belle peinture signée De Le Tellier et datée de 1862 représente en arrière-plan le soldat romain Martin aux portes d'Amiens où il était en garnison, coupant son manteau pour le partager avec un miséreux. Au premier plan figure Sa Grandeur l'Evêque Martin de Tours qui devint le plus populaire de nos saints.

- tableau par De Le Tellier -

Ce tableau se trouve au-dessus de l'autel latéral, à droite du choeur quand on lui fait face. La peinture ornant le dessus du maître-autel est également datée de 1862. Pas de date à l'autel de la Ste Vierge.

- lustre, par l'artiste Edgard Choquet -


M. Edgard Choquet, maréchal-ferrant et réparateur de machines agricoles, était artiste à ses heures. - Il s'est révélé excellent ferronnier, et l'église lui doit notamment deux lustres en fer forgé suspendus dans la nef par 3 chaînes, le dessous formant une étoile à 6 branches. Les chaînes sont formées de maillons brasés les uns après les autres. Il est l'auteur d'une grille en fer forgé à la porte du confessionnal, de 2 appliques au fond du choeur, 2 autres plus élancées avec volutes placées de chaque côté de l'entrée du choeur.

- fonts baptismaux. Oeuvre d'art par Edgard Choquet -


Les fonts baptismaux en marbre sont très beaux. Leur couvercle était inexistant. - C'est une grosse tôle ovale et ourlée, surmontée de 2 fois 4 volutes superposées, se terminant par une croix à 4 branches horizontales et un bras vertical. Cette croix a été exécutée dans un unique lingot de fer, refoulé à la base pour former une boule, étiré ensuite pour former le corps de la croix et les 5 branches. - Des collègues de M. Choquet ont qualifié ce travail des fonts baptismaux, sans raccord et sans soudure, "d'oeuvre d'art". Nous admirons et les croyons sans peine.

- la chaire -


En 1925, une plaque commémorative des soldats morts pendant la 1ère guerre mondiale, a été offerte par M. Eugène François au cours d'une cérémonie. - Et M. Michel François, son fils, a fait don de celle qui rend hommage aux disparus de la dernière guerre.


CURES de MERICOURT-SUR-SOMME
Date d'arrivée pour certains. Pour d'autres, date où ils étaient en fonction (pas plus de précisions)

1667 - l'abbé de Brandicourt
1692 - l'abbé Le Normand, qui était aussi curé de Bayonvillers depuis 1665. De 1650 à 1655 il y eut à Bayonvillers un curé Havequez Nicolas. Etait-il aussi curé de Méricourt ?
1702 - l'abbé Vaast de Bonnay
1721 - l'abbé Antoine Carlier (encore en1730)
1732 - le 28 avril est décédé au presbytère noble et discret Messire Jean-François de Dourlens, prêtre, docteur en Sorbonne, nommé curé à Reims en 1722, il avait été supérieur du petit séminaire d'Abbeville. En 1723 nommé chanoine théologal de la cathédrale d'Amiens, archidiacre d'Amiens, 48 ans, inhumé dans ladite cathédrale.
1736 - l'abbé Guérard
1753 - l'abbé Jean-Baptiste Tilloloy. A prêté le serment ordonné par la loi du 26 octobre 1790 avec préambule restriction. Toujours curé en 1793 (le 19 février). Sorti de cette paroisse le 3 octobre précédent.
1800 - (avant) l'abbé Plé - décédé à Méricourt.
1804 - l'abbé Toupart (parti à Maucourt).
1813 - l'abbé Charpentier
1814 - l'abbé Lore! (encore en 1828)
1833 - la commune, depuis longtemps sans prêtre, en attend un prochainement. 1848 - (avant) l'abbé Denisart, né à Caix, (encore en 1858)
- l'abbé Deleval, d'Etinehem
- l'abbé Nicolas Ricquebourg, né en 1839 à Ville-sous-Corbie, décédé en 1894 à Méricourt.
1894 - le 29 octobre, l'abbé Brachet, né à Sailly-le-Sec en 1857, décédé en 1915. Précédemment professeur de 6ème au petit séminaire de Saint Riquier.
1918 - l'abbé Fernet (évacué). Non officiel. Tué en 1918. Enterré à la Croix des Moines, devant la mairie. 1919 : l'abbé Laloy
1919 - l'abbé Niquet Pères Missionnaires
1922 - l'abbé Coret
1925 - l'abbé jules Debreyne Ces quatre non officiels.
1930 - l'abbé Romain Van Etvelde, d'Halluin
1935 - l'abbé Jean-Baptiste Defleury, d'Heilly, décédé en 1952. Culte assuré par l'abbé Van Etvelde devenu curé de Sailly-Laurette, 1 dimanche sur 2, puis par le Renfort du Nord pendant plusieurs années.
1956 - l'abbé Louis Deschamps de la Porte. En novembre 1970 il quitte la paroisse pour raison de santé et devient Aumônier d'une Maison de Retraite pour personnes âgées à Maison-Alfort. L'abbé Deschamps était une vocation tardive. Né en 1900. Décédé en 1984. Il repose dans le cimetière de Méricourt-sur-Somme auprès de ses frères et soeur.
1970 - le 8 novembre, c'est l'abbé Vanhove qui le remplace, jusqu'à sa retraite en 1988 (date probable).

Depuis, la paroisse a été desservie par l'abbé Vitse, de Bray-sur-Somme jusqu'en 1993. L'abbé Hautefeuille lui succède et s'occupe de 19 communes.
Si, de nos jours, un prêtre unique sert plusieurs églises, en l'an 693 le Concile de Tolède avait décidé qu'une église ayant sous sa dépendance 10 métairies ou familles pourrait obtenir un prêtre. Celle qui en aurait moins serait réunie aux autres.


EN MARGE DE l'EGLISE

Bancs : Le 7.6.1820, M. Florentin Objois, maire, écrit au Préfet à propos d'un différend avec le curé Lorel et le marguiller de la fabrique. Ce différend porte sur le banc de M. de Famechon, décédé, que M. Objois a acquis de bonne foi à celui-ci avant sa mort. Le Préfet répond qu'il s'agit d'une affaire ecclésiastique à régler à l'Evêché.

Mission : Une mission fut prêchée le 22 mars 1835 par le père Rispail. Plus de 80 retours ont réjoui le coeur du zélé missionnaire qui n'aurait pas cru obtenir un tel résultat dans cette commune, de même qu'à Morcourt.

EXTRAIT de la GAZETIE de PERONNE (14.11.1875)
Le dimanche d'avant on a chanté le Domine Salvam fac Republicam. MM. les pompiers ont escorté le Conseil Municipal à la cérémonie. Le soleil voulant être de la fête entra par les fenêtres et rayonna un instant sur les casques frais astiqués. Mais, ô stupeur, il se retira à la vue des plaques où sont encore gravées les aigles impériales.
"Allons, Messieurs, l'Empire a-t-il si bien vidé vos bourses qu'il ne vous reste de quoi changer les insignes de vos coiffures? Célébrer la République et porter au front l'oiseau de l'Empire, ça jure quelque peu, outre que ce n'est guère légal! "


Sonnerie pour les défunts. Tarifs.
Renseignements donnés par M. Alfred Gry, sonneur, vers juin 1879. 3ème classe: 8 F, 2ème classe: 10 F, 1ère classe: 12 F.
Quand on sonne plus de 2 jours : 2 F en plus par jour.
Pour un enterrement solennel c'est une sonnerie à 3 cloches. Proposer 24 F pour la sonnerie à 3 cloches.

Chantres : En 1891 il est prévu au Budget primitif une somme de 150F qui donne lieu à une imposition de 4 centimes additionnels pour leur traitement (MM. Octave Quédé et Alphonse Havequez).
Lait et Beurre : Le rendement de cette quête en 1893 est évalué approximativement à 30F.

Obsèque de M. l'abbé Ricquebourg - Le 20 mai 1894 le Conseil Municipal décide d'y participer financièrement. Il regrette de ne pouvoir lui accorder une sépulture à titre gracieux. Il vote 150F pour le luminaire et la décoration de l'église. - La famille demande que cette somme soit employée comme participation à un monument à élever sur sa tombe.

Traitement du Cure : Le 16 septembre 1894 le Conseil Municipal est convoqué pour supplément de traitement. Le quorum n'est pas atteint (4 présents, 6 absents) et pas davantage le lendemain (5 présents, 5 absents). Le Conseil est informé le 14 octobre que la commune est menacée d'être privée de curé. Le Conseil vote alors (6 présents, 4 absents) 100F et une part de tourbe, charroi compris.

Meubles : En 1905 la mairie veut faire l'inventaire des meubles et objets du culte. - M. François, maire, déclare que le double de l'inventaire du 22.4.1882 n'existe pas en mairie. M. l'abbé Brachet,curé, pressenti le 10.5. pour inventorier tous les objets contenus dans l'église, s'y est refusé, alléguant qu'il n'agirait pas avant d'avoir reçu des ordres de ses supérieurs hiérarchiques.

En 1942, lors des fondations du silo de M. Objois, entre église et château, on a trouvé un vase ancien, en pierre, en bon état, qui a été déposé à la sacristie. Ce vase aurait été donné par l'abbé Defleury à un visiteur de l'église.


EFFETS de la REVOLUTION

Dans le canton de Bray-sur-Somme, sur les 17 communes :

ont prêté le serment ordonné par la loi du 26.10.1790 Deflandre, curé à Chipilly + 2 autres.

sont présumés ne pas l'avoir prêté : 5

ont prêté le serment avec préambule restriction :
Tilloloy, curé à Méricourt Chopart, curé à Morcourt + 6
A refusé : Lamar, curé à Etinehem.

9.5.1791 : les curés qui n'ont pas prêté serment, ou l'ont prêté avec restriction, sont à remplacer.


Le 13.11.1792, An 1 de la république, le Directoire du département de la Somme s'est réuni pour examiner un mémoire par lequel le citoyen Jean-Baptiste Tilloloy, curé de Méricourt-sur-Somme expose que son grand âge et ses infirmités l'ont obligé à quitter sa cure le 4.10. dernier, et demande le paiement de son traitement comme par le passé. Vu le certificat du citoyen Charles François Merlier, maître de chirurgie à Proyart, qui constate que le réclamant est atteint de rhumatisme et d'un asthme qui lui occasionnent des tremblements inconsidérables, qu'il a eu 2 attaques d'apoplexie depuis 3 ans, vu l'avis du Directoire qui considère le grand âge de l'exposant, la conduite paisible qu'il a tenue, de son état de faiblesse morale, propose de le soustraire à la rigueur de la loi relative au serment et de lui faire payer son traitement pour le mois de septembre.
Le Directoire du département de la Somme, considérant que si aucun citoyen ne peut se permettre de transiger avec la loi sous quelque considération que ce puisse être, que l'exemple serait dangereux, a arrêté que le Directoire du District de Péronne sera autorisé à délivrer un mandat de 100 livres au profit du réclamant pour son traitement de septembre niais que ledit mandat ne sera acquitté par le Receveur que sur présentation par ledit curé de l'acte de prestation de serment prescrit par la loi du 14 août dernier.


Etat des Eglises du département:

Méricourt-sur-Somme : 1 église, Culte catholique, 400 places - 405 habitants - mauvais état - réparations estimées à 150 livres.

11 Brumaire An II : Etat des cuivres déposés au département de la Somme: 1059 livres pesant pour les 17 communes du canton de Bray. Pour sa part, Méricourt-sur-Somme en a fourni 50 livres. - Un autre Etat du 5ème envoi de cuivre et cloches au district de Péronne ne comprend pas notre commune. Les cloches furent¬elles fournies avant, ou sont-elles dans la Fosse d'Enfer comme le dit une légende ?
Une loi de l'An II (13 juillet 1793) a prescrit de ne laisser qu'une cloche par municipalité. OISEMONT, pays natal du conventionnel André DUMONT est la seule commune de la Somme qui en a gardé 3.

25 Ventôse An II : Etat des matières d'or, de vermeil et d'argent provenant des églises du district de Péronne, envoyées à la monnaie de Paris.
Méricourt-sur-Somme : 1 soleil, 1 pied de calice, 1 fausse coupe, 1 pied de ciboire et 1 couvercle, le tout en argent, pesant 7 marcs 4 onces 4 gros - 1 coupe de calice, sa patène, 1 coupe de ciboire et le croissant doré, en vermeil, pesant 1 marc 1 once 2 gros - effets d'or et d'argent, néant - vermeil 2 marcs 1 gros.

6 Germinal An III : 1 calice et sa patène dorée (2 marcs 1 gros)


16 Brumaire An III : (6 novembre 1794)

VENTE du MOBILIER de l'EGLISE

Le grand autel et ce qui en dépend, Martin Havequez, 130 livres.
L'autel de droite et ce qui en dépend, Jacques Havequez, 40 livres. L'autel de gauche et ce qui en dépend, Jean-Baptiste Ovillé, 40 livres.
Le banc du ci-devant seigneur, Charles Devillers, 50 livres.
Les bancs en suivant, Martin Havequez, 42 livres et Candillon, 21 livres. Les fonts à Jean-Baptiste Harlé, 4 livres 10 sous.
7 bancs dans la nef à Candillon, 48 livres.
6 petits bancs à Bernard Lombard, 36 livres.
La même partie à droite, Valentin Ailly, 32 livres.
7 autres bancs en suivant, Jean Havequez, 55 livres.
Le confessionnal à Jean-Baptiste Harlé, 24 livres.
7 bancs en suivant à Jean-Baptiste Duhamel, 53 livres.
La chaire à la commune, 20 livres.
10 bancs en suivant à Jean-Baptiste Harlé, 81 livres.
Le banc du célébrant à Martin Havequez, 15 livres.
3 petits bancs au portail à P. Ailly, 3 livres 10 sous.
1 commode de sacristie à Pierre Bucourt, 47 livres.
Une portion de lambris à Martin Lejeune, 9 livres.
L'autel du prieuré à Candillon, 16 livres.
1 coffre à Vincent Delaporte, 20 livres.
Quelques petits bancs à André Emery, 4 livres 10 sous.
1 portion de lambris à Max Dumesnil, 23 livres.
L e pavé de la chapelle, Martin Havequez, 20 livres.
La portion de pavé à gauche, Valentin Ailly, 42 livres.
La même à droite, P. Lemaire, 56 livres.
Le pavé depuis le portail jusqu'au grand autel àJacques Havequez, 75 livres.
Quelques pavés en pierre blanche, M. Dumesnil, 2 livres.
L'armoire à Paul Dewailly, 26 livres.
2 petites armoires à Armand Mouton, 20 livres.
Le lutrin et 2 escabeaux à Valentin Ailly, 7 livres.
2 vieux lambris et 1 marchepied à Jean-Baptiste Ovillé, 6 livres.
1 vieille bannière, 1 bois de crucifix, 1 chandelier de bois, 1 petit pupitre à Jean-Baptiste Ovillé, 7 livres 5 sous.
1 portion de marchepied, Augustin Havequez, 16 livres.
Vieux rideaux, cornet, vieille lanterne, etc ... à divers, 51 livres.

Pour un total de 1132 livres 15 sous.

Les agents nationaux du chef-lieu de canton avaient estimé ce mobilier à 682 livres. A noter que beaucoup de gens croyaient au retour de l'Ancien régime et n'achetaient peut-être que pour restituer.

Le procès-verbal des ventes des mobiliers existant dans les ci-devant églises du canton de Bray-sur-Somme, a été établi par François Jean-Marie Barré, juge de paix, à la même date (ou alors en l'an VI)

CLOCHES

Les Cavillier, de Carrépuits, ont été à la fois fondeurs et écrivains. Cette "dynastie" dota la Picardie de bourdons et de sonneries remarquables. (référence Bibliothèque mazarine (déjà citée) 38050c VII Zn 8° 1911). Méricourt¬sur-Somme, 1695 - Association de Nicolas II, Philippe II et Charles Cavillier : les 3 cloches (refontes). Fondues à Méricourt le 5 juin. En 1733, refonte sur place des 3 cloches pesant ensemble 1000 livres environ, par Colin, Philippe II et Philippe III. Fondues à Méricourt le 1er août.

Les cloches d'avant 1789 auraient été jetées dans la "Fosse d'Enfer" en 1792 (tradition locale). La même année le prêtre non assermenté qui résidait au chef-lieu et venait dire la messe en cachette aurait trouvé la mort dans un fossé bourbeux, étant probablement poursuivi.

Les cloches suivantes ont été baptisées en 1808.
Parrain de la 1ère : le seigneur de Famechon, gendre de Mme Barré-Capet, marraine.
Parrain de la 2ème : Barré Georges Vulfran, ancien maire; Marraine: sa 1ère fille, épouse du seigneur. Il ne semble pas y avoir eu de nouvelles cloches lors de la restauration de l'église en 1840.

Il apparaît qu'à l'établissement du plan du clocher toutes les dispositions n'aient pas été prises pour la pose de cloches et d'horloge, entraînant des difficultés par la suite.

Les cloches de l'après-guerre, période 1920-1945, ont été fournies par Blanchet, à Paris.

En mars 1922, l'abbé Laloy, père supérieur missionnaire à la cure de Bray-sur-Somme, assisté de plusieurs prêtres des environs, de M. le chanoine Bellettre, curé de Saint-Honoré d'Amiens, procédait au baptême des 3 cloches, dont une offerte par M. André Objois, maire, les autres par des habitants, architectes, employés, entrepreneurs et ouvriers.

Petite cloche : En remplacement des cloches volées par les Allemands, a été donnée à l'église de Méricourt¬sur-Somme. Marraine: Malvina Cauët - Parrain: Eugène François qui m'ont nommée MALVINA-EUGENE.

Moyenne cloche : En remplacement des cloches volées par les Allemands, a été donnée à l'église de Méricourt¬sur-Somme.
Marraine: Marie Objois - Parrain André Objois, maire, qui m'ont nommée MARIE-ANDRE.

Grande cloche : En remplacement des cloches volées par les Allemands, a été donnée à l'église de Méricourt¬sur-Somme. Marraine: Marie Deflandre - Parrain: Henri Théry qui m'ont nommée MARIE-HENRI.
En 1934 elles furent refondues car désaccordées, et reposées par la maison "les bronzes Wauthy" à Sin-te¬Noble (Nord) pour 4150F. Cette fois elles n'ont pas été baptisées.

HORLOGES
L'horloge de l'église avait 4 cadrans avant 1914. La nouvelle n'en a qu'un. - Elle a été fournie en 1934 par Michet, 47 rue de l'Hôtel de Ville à Beauvais. Son prix: 10 630F.


POSSESSIONS et REVENUS de la CURE
Il ne pouvait jamais y avoir de droits de mutation sur les biens de l'église, des hospices, des communes. Le droit payé sur ces biens (droits féodaux) était la "main -morte"

Les biens de l'église étaient nombreux. Elle en avait aussi d'extérieurs. De même pour les revenus.

En 1759, dans le bois des Cateaux, une parcelle de 93 verges 1/3 (parc. 21 sur le plan) et une autre de 91 verges 1/2 (parc. 38 sur le plan) appartenaient à l'église et non au marquis de Wargemont. - En 1789, l'église possédait 6 journaux 20 verges de terre à Proyart, vendus en 1791 et 93 à Jean Etévé laboureur à Proyart, pour le compte de plusieurs. - Le 26 Floral an IV, 1 journal 1/2 de terres labourables sur la commune d'Harbonnières, à l'église de Méricourt, vendues le 22 brumaire an V (1796).
Revenus : 1270 - Lettre en parchemin de l'OfficiaI d'Amiens, au mois d'octobre, portant Mathieu de Mérincourt avoir donné un muid de blé de vente à prendre en sa grange, au profit du chapelain dudit Mérincourt (OfficiaI = juge ecclésiastique délégué par l'Evêque).
Au XVIe siècle le curé avait, conjointement avec le prieur 4 gerbes sur 10 provenant de la dîme. Les 6 autres appartenaient au seigneur de Méricourt-sur-Somme.
L'abbaye de Saint-Acheul rendait tous les ans 5 muids de blé au curé. L'abbaye de Saint-Fuscien devait 6 setiers de blé, mesure de Montdidier. Congés (autorisation moyennant paiement)
" A Corbie, en 1388, les fours et moulins sont à l'église et nul ne peut faire fourneaux à cuire tartes ou pastes sans un congé. Nul ne peut en ladite ville faire siège ou estaI sur rue ni saillie de maison sans le congé de ladite église" .

PRESBYTERE : Le 19.2.1793 an II de la République, les administrateurs du Directoire de la Somme se sont réunis dans le lieu ordinaire de la tenue des séances publiques. Présents : les citoyens Bellegueule, Cordier, Caron, Denanchi, Pillon, Verrin, Gamain, Flesselle, Daullé, Thierry procureur général, syndic, et Patte secrétaire général.
Lecture a été faite d'une délibération prise par la municipalité de Méricourt-sur-Somme le 10.1., portant que, sur le refus fait tant par le frère que par le neveu du ci-devant curé sorti de cette paroisse le 3.10. précédent, de nommer amiablement de part et d'autre un expert aux fins d'estimation des réparations locatives qu'exigent tant le presbytère que les dépendances. La municipalité fait choix d'Adrien Cagny et d'Augustin Baraffe, couvreur et maçon résidant en cette paroisse qui ont fait la visite du tout et ont reconnu que les réparations consistent en maçonnerie, faîtage, charpente, menuiserie et couverture, évaluées à une somme de 140 livres suivant le devis par eux rédigé à cet effet.
Sur demande faite à la municipalité par le District de Péronne de s'expliquer si les objets expertisés étaient ou non à la charge du ci-devant curé, celle-ci lui a répondu que l'ecclésiastique a toujours fait tant au presbytère qu'aux dépendances les grosses et menues réparations, que celles dont il s'agit n'étant que locatives elle pense que l'administration ordonnera qu'elles soient faites aux dépens de qui il appartiendra.
Le District observe que ledit curé a fait faire à ses frais jusqu'à son départ toutes les réparations qu'ont exigé la maison presbytérale et bâtiments adjoints. - La municipalité n'a rien à réclamer contre cet ecclésiastique, en conséquence il estime qu'il n'y a pas lieu à délibérer.

Le Directoire, considérant que le ci-devant curé a fait à ses frais pendant le temps qu'il est resté en place toutes les réparations locatives de son presbytère et bâtiments dépendants, que même il a pourvu, de l'aveu de la municipalité aux grosses réparations quoiqu'il n'y fût aucunement tenu, a arrêté qu'il n'y a pas lieu de la part de la municipalité de rien répéter contre ce curé pour raison de réparations actuellement existantes pour la dépense desquelles la municipalité fera connaître à l'administration les moyens que les habitants ont à leur disposition et qu'ils se proposent de mettre en usage pour le paiement des dites réparations, et ce en conformité de l'art. 3 du Titre 3 de la loi du 4.9. dernier.


Le 21.2.1793 : Séance du Directoire du Département de la Somme
Le citoyen Tilloloy, ci-devant curé de Méricourt-sur-Somme expose que par écrit fait en double entre lui et le ci-devant seigneur de ce lieu le 22.12.1759 il lui a accordé le droit de se servir, de vendre ou de transporter à qui et partout où bon lui semblera un pigeonnier appartenant à son prédécesseur. - L'exposant demande l'autorisation de disposer à son gré de ce bâtiment ainsi que d'une bergerie construite à ses frais sur le terrain presbytéral à charge de construire à ses dépens les murs et clôtures que nécessiteront ces démolitions. - La municipalité ne contredit pas à l'exposant la propriété des pigeonnier et bergerie, mais elle demande que la démolition ne puisse avoir lieu que lorsque la saison sera avancée, comme dans les approches du mois de mai afin que les murs de clôture puissent être faits avec toute la solidité requise.
Vu l'écrit énoncé par l'exposant contenant les dispositions détaillées. Vu l'avis du District de Péronne qui propose d'accorder la libre disposition du colombier et de la bergerie construits sur terrain presbytéral sous la réserve proposée par la municipalité. - Le Directoire après avoir entendu le Procureur Général syndic, a arrêté en séance publique, d'autoriser le réclamant à disposer des dits bâtiments, à charge pour lui de ne pouvoir les faire démolir avant mi-avril prochain et de faire construire à ses frais les murs de clôture nécessaires avec les matières utilisées en pareil cas dans les campagnes, et sous réserve que cette construction sera faite à dire d'experts choisis amiablement par les parties, et qu'ils en rédigeront procès-verbal en forme dont un double sera remis à la municipalité et l'autre au réclamant.

En 1813 : travaux divers

En 1814: réparations diverses

En 1833 : le Conseil Municipal demande l'autorisation de faire au presbytère les travaux d'urgence se montant à 4080. Il s'agit notamment de remplacer la toiture en chaume par une autre en ardoise. Il y a urgence, attendu que la commune depuis longtemps sans prêtre en attend un prochainement.

En 1839 : désistement de l'architecte Herbault en faveur de Nozo pour la construction du presbytère - 10 80F En 1867 : réparations, peinture et papiers pour 4 x 28. Le budget de la fabrique est toujours insuffisant.

FABRIQUE
Que veut dire ce mot, de consonance bizarre en cet endroit ?

Autrefois la fabrique était l'ensemble des biens et des revenus d'une église ou d'une paroisse. Car l'église avait des possessions, et partant, des revenus. Elle en avait d'ailleurs d'autres. - C'est le conseil de fabrique, plus simplement appelé "fabrique", qui les gérait.

Ce conseil se composait d'un groupe de clercs ou de laïcs qui veillaient à la bonne administration des biens d'une église ou d'une paroisse avant la séparation de l'Eglise et de l'Etat. - A l'origine ces conseils étaient composés de membres du clergé (marguilliers) qui dressaient la liste des pauvres. Ces fabriciens furent ensuite des laïques élus par les paroissiens.
Les fabriques furent supprimées lors de la Révolution et rétablies, comme établissements civils, par le Premier Consul. Un décret du 30.12.1809 les organisa. Elles comprenaient un conseil de fabrique, assemblée délibérante et un bureau des marguilliers, organe d'exécution. Le curé et le maire étaient membres de droit, les autres fabriciens étaient d'abord nommés par l'Evêque et le Préfet puis se recrutaient par élection. - Le bureau des marguilliers était composé du curé et de 3 membres élus par le conseil. Il exécutait les décisions prises dans les 4 sessions du conseil.

En 1884 une loi obligea les communes à pourvoir en cas d'insuffisance des revenus aux grosses réparations des églises et presbytères, s'ils leur appartenaient, et loger le curé.

En 1892 une loi soumit les fabriques aux règles de comptabilité des établissements publics, en même temps que les consistoires protestants et les communautés israélites.

La loi du 9.12.1905, relative à la séparation des Eglises et de l'Etat, supprima les fabriques et leur substitua des associations cultuelles.

Dans les années 1730 le revenu de la fabrique de Méricourt-sur-Somme était de 250 livres. Par la suite il descendit à 152 livres. - A la même époque le revenu de la cure était de 546 livres et les charges de 15. - Ce revenu était produit par la dîme (voir ci-dessous) et se composait de 30 setiers de blé; 2 de seigle, 4 d'orge, 45 d'avoine, 3 de pamelle, 4 de bucaille (sarrasin ou blé noir), 50 bottes de foin, du fourrage évalué à 15 livres et du chanvre évalué 60 livres. En sus, le produit de 9 journaux 20 verges de terre et 2 journaux de taillis. Le tout évalué à 531 livres net.

Les biens de la fabrique étaient de tous ordres: dons en argent, terres, bois, etc ... - La fabrique de Méricourt¬sur-Somme possédait sur le terroir de Rainecourt les parcelles suivantes au cadastre: section A nO 246, 78 ares au bois Saint-Martin - section B nO 702, 79 ares 10 à la vallée Babette. Celles-ci provenaient de l'Etat qui les avait restituées à la fabrique en vertu de l'arrêté du 18 Germinal an X - Elles ont fait retour à l'Etat par l'application de l'art. 5, 1er alinéa, de la loi du 9.12.1905. - Vendues par les domaines à Chaulnes le 28.11.1912, elles n'ont jamais appartenu au Bureau de Bienfaisance. Par contre, ont été attribuées au Bureau de Bienfaisance les biens ci-après provenant de l'ancienne fabrique.

En 1828 : legs de 15F de rente par Joséphine Victoire Séraphine Havequez, veuve de Panier François-Joseph, à charge de 3 messes à perpétuité pour eux et l'enfant décédé.
En 1872 : legs de 135F de veuve Panier - Legs de terres de veuve Longatte-Lefebure - Legs de terres Dumesnil¬Legs de 57F de rente de Gentien Lefebure.
En 1875 : legs de 24F de rente par inconnu.
En 1893 : legs de 30F de rente, veuve Objois et 63F Havequez.
En 1894 : Mme veuve Planche-Naquet lègue 1000F à la fabrique à placer en rente sur l'état et dont les 2/3 des revenus serviront à l'entretien de la sépulture de la famille Barré.
Rappelons au passage ce qu'étaient Dîme, Gabelle, Droit de marché.


La DIME
C'était un impôt qui consistait dans le paiement d'une redevance en nature au clergé ou à la noblesse (dîme: latin decima : dixième partie). Elle était toujours 1110e, parfois 1/8e.
Il Y avait la grosse dîme, sur les principales récoltes, et les menues dîmes: dîme verte sur les graines secondaires, légumes et fruits. Dîme de charnage (temps pendant lequel l'Eglise catholique permet de manger de la viande). Ce mot est désuet. Dîme de lainage, sur la tonte des bêtes à laine. Dîme nova les, sur les terres nouvellement défrichées.

La GABELLE
C'était un impôt sur le sel, monopole d'Etat sous l'Ancien Régime, avec obligation pour chaque sujet du roi d'acheter tous les ans une certaine quantité de sel. Méricourt dépendait de l'Abbaye de Corbie pour la gabelle.
Un village pouvait dépendre de plusieurs gabelles à la fois. Méricourt dépendait de la direction des gabelles de Saint-Quentin. Le poste était à Mons-à-Moulins. Il fut vendu comme bien national pour 125 livres en 1791 à Valentin Ailly.

Le DROIT de MARCHE
Voyons ce qu'il était : pas une loi, ni un règlement, plutôt une coutume pratiquée d'abord et surtout dans le Santerre, et dans différents cantons, surtout ceux de Péronne. Elle survit de nos jours sous une autre appellation: droit au bail- bail par tacite reconduction - jouissance fremière. - Une circulaire assez récente des Parquets défend aux notaires d'utiliser cette expression. - L'origine du droit de marché paraît remonter aux concessions faites aux colons gallo-romains.

A l'époque c'était pour le fermier ou sa descendance l'assurance d'une jouissance perpétuelle des terres exploitées, contre une redevance peu élevée. Le tenancier s'attachait à sa terre qu'il améliorait, et cette jouissance indéfinie lui donnait les avantages d'un propriétaire. Son existence, sa sécurité et celle des siens étaient assurées.

Celui qui enfreignait ce qui était à l'origine une existence légale était sévèrement puni: instruments aratoires brisés, récoltes volées ou détruites, arbres et animaux mutilés, granges, maison, incendiées, quelquefois même on allait jusqu'au crime.
Cet usage extraordinaire était propre à environ 250 communes. A Péronne, centre de cette coutume (renseignements: Journal de Péronne du 23.6.1867), elle était appliquée dans toute sa rudesse dans plusieurs communes de l'arrondissement. - Pour moitié dans le canton de Bray, pour une seule canton d'Albert.

En 1753, la famille Lescoval, de Carnoy, fut condamnée à la déportation pour avoir voulu cultiver avec violence des terres sans bail renouvelé.

A Vrely le presbytère fut incendié, le curé ayant voulu reprendre sa terre louée à un fermier. Ce vrai propriétaire n'était pas admis à reprendre son bien, ni pour la louer à un autre, ni pour en jouir lui-même.

En 1783, M. Houssard, curé de Dompierre, ayant voulu, sans indemniser le fermier, cultiver lui-même une partie des terres de sa cure, fut assassiné à la porte de son église, et ce crime demeura impuni parce que personne ne se trouva parmi les habitants solidaires pour déposer contre l'assassin.


Un dicton : A Chilly-en-Chilbois "on tue son homme au coin d'un bois" (Chilly-Maucourt, canton de Rosières). Parfois, le malheureux "dépointeur" était assassiné même en plein jour dans une église, en présence de 200 personnes qui déclaraient à la justice n'avoir point reconnu l'assassin.

- Dans une brochure, M. Laurent Prache avocat à Paris démontre la justice de ce droit comme bail héréditaire. Cette mesure était de nature à attacher le fermier à son exploitation.

- Pour de plus amples détails, consulter l'ouvrage de M. Alexandre Bouthors, conseiller de Préfecture, sur les usages locaux.

- Je n'ai pas trouvé trace d'atrocités commises à Méricourt-sur-Somme relatives au droit de marché.

 

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