Monographie de Méricourt-sur-Somme

Accueil | Sommaire | Le blason | Géographie physique | Géographie humaine | Vie collective
Vie économique | Faits et évènements | Personnages | Liens | Contacts

 

Le camp romain.


Au retour d'une expédition outre-Manche, aujourd'hui Grande Bretagne, Jules César installa lui-même son camp romain au nord de Chipilly, en l'an 54 avant Jésus-Christ. Passant à Amiens il avait reçu une lettre de Cicéron l'informant que sa légion était en danger. Il arriva à Chipilly.

Le Camp Romain de Méricourt est plus grand que celui de Chipilly qui lui fait face et n'a que 8 ha. Il a été évalué à 27 ha 45 a 94 ca.

Les légions (corps de troupe) avaient deux de leurs camps aux Cateaux de Méricourt et aux Cateaux de Chipilly, à moins de 3 km de Bray. Une légion se composait de 6000 hommes, répartis en cohortes, manipules, et centuries.


Dissertation sur les CAMPS DE LA SOMME, par le comte d'Allonville, en 1828.
"Une Chaussée traversait la vallée de la Somme et faisait communiquer les deux camps. Les Cateaux de Méricourt possèdent de nombreuses levées de terrains qui ne permettent aucun doute sur leur origine. D'anciens plans terriers montrent que la chaussée, après avoir atteint le plateau et traversée le camp de Méricourt, se continuait sous le nom de chemin de Mons à Moulin à Proyart jusque dans ce village et même jusqu'à la voie d'Amiens à St Quentin."

LE CAMP ROMAIN DE MERICOURT-SUR-SOMME, par Pinsard, en 1880.
" Il est placé en haut d'un contrefort de la vallée qu'il domine au Nord. Il domine aussi la vallée sèche qui descend vers Méricourt. Il est aujourd'hui entièrement caché dans un bois qui porte le nom de bois des Cateaux. Aussi a-t-il fallu beaucoup d'attention pour le délimiter. Ce nom est assez significatif. Ce bois appartient à M. Objois, propriétaire à Méricourt-sur-Somme. Il nous avait remis un plan de propriété sur lequel on peut reconnaître les traces des élévations qui forment l'enceinte du camp. J'en ai fait une copie qui est celle du plan accompagnant cette note (1). Le camp occupe la partie Est du bois des Cateaux, depuis la limite marquée ABC jusqu'au fossé bordé d'un rempart de terre marquée DEF. La largeur entre ces deux limites est de 75 verges, de 19 pieds 8 pouces et 6 lignes. Dans le sens perpendiculaire à la vallée, la longueur est de 85 verges (2) en y comprenant la partie au Nord d'un chemin dit "de procession". Le rempart en terre ABC s'arrête aujourd'hui au chemin de procession, mais il paraît certain qu'il était prolongé jusqu'à la crête du talus qui limite la vallée sur une longueur à peu près égale à celle qui existe vers la limite DE depuis le même chemin de procession jusqu'à une borne appelée "la Haute-Borne" placée sur la crête nord du contrefort. La limite Est, ABC est encore très visible. C'est une levée en terre au-dessus de laquelle on a établi un chemin de culture. Il porte, sur le plan de M. Objois, qui date de 1759, le nom de chemin du tour du bois.
Cette levée est entière jusqu'au point A, et, si elle est très diminuée sur quelques longueurs, elle est partout. reconnaissable. Les parties le plus hautes, et par conséquent les mieux conservées, sont celles qui aboutissent au chemin de procession. La partie du rempart entre ce chemin et la crête du rideau a été détruite par la culture. La limite vers la vallée sèche de Méricourt existe encore dans toute la longueur. Elle a dû être moins importante à cause de son peu de largeur. De ce côté d'ailleurs le grand talus suffisait pour servir de défense. Du côté de la vallée de la Somme, entre les points D et G il n'y a plus trace de levée de terre. Peut-être n'y en a-t-il jamais eu.
La côte est si rapide qu'elle forme une défense naturelle. S'il a existé le long de cette vallée un rampant de terril a dû être peu important. Le rampant, du côté Ouest du camp, qui le limite vers la partie la plus large du plateau qui termine le contrefort, est un ouvrage considérable. Dans toute la longueur comprise entre la Haute Borne et la lettre F, le rampant a dû avoir plus de 3 m de haut sur une base qu'on peut évaluer à 10 m environ. Les terres, pour le former, ont été prises extérieurement. Il en est résulté un fossé très large. De l'ensemble de ces deux travaux on a eu un ouvrage de défense très considérable du côté le plus accessible. Ce rampant, du côté ouest, restera probablement tant qu'il sera couvert de bois. Le fossé s'appelle sur le plan: le Reuille. Est-ce dans le sens de rue, ruelle, ruellette ? C'est possible, car le fossé davait présenter les facilités d'une ruellette pour traverser le sommet du contrefort. La borne désignée sous le nom de Haute Borne sur le plan n'existe plus. On n'en a aucun souvenir. Si cette borne a été un menhir, elle était placée de façon à être vue de très loin. Il n'est pas possible de reconnaître les entrées du camp. Peut-être étaient-elles ouvertes dans une des lignes de rempart Est ou Ouest. On voit sur le plan un chemin qui traverse le camp du Nord au Sud, à peu près dans le milieu. Il n'existe plus, excepté dans la partie Sud où il sert à gravir la montagne. Il va se souder au chemin qui conduit de Méricourt à Chuignolles, placé au bas du contrefort. Il est possible qu'il y ait eu là une entrée, et que cette partie du chemin ait été faite pour arriver au camp. Son tracé, établi suivant une diagonale, fait voir qu'on a cherché à la reconstruire suivant une pente moins forte que celle du talus. En 1759, il Y avait plusieurs pièces de terre prises dans l'enceinte du camp. Aujourd'hui comme alors le bois est divisé par deux allées se coupant à angle droit, l'une allant du Sud au Nord, appelée grande allée, et l'autre de l'Est à l'Ouest, appelée grande vue."

(1) l'auteur garde la copie dans ses notes, ne pouvant l'insérer ici.
(2) la verge est une ancienne mesure de longueur hollandaise qui équivaut à 3 m 75. La correspondance des autres mesures se trouve au chapitre Eglise.

Lieu-dit : derrière les Croupes.
Les Croupes étaient les chemins qui allaient du camp à la rivière à travers le marais. Ces chaussées assuraient le service de l'eau et de fourrage pour le camp. Peut-être aussi à commander le passage de la Somme. (c'est la même chose à Tirancourt). Double rempart ou double fossé sont des caractéristiques des camps établis par Jules César.

Au temps du camp, et après.
En 57 avant Jésus-Christ, c'est le début de la période historique pour les Picards. La Picardie dont les habitants étaient appelés Belges fut ensuite divisée en deux parties. Les tribus gauloises des Ambiani et des Viromandui se soumirent à César. Les Ambiani se trouvaient en Belgique, dans la vallée de la Somme. Leur capitale, Samarobriva devint Ambianum puis Amiens. Les Viromandui étaient autour de Saint-Quentin, dans le Vermandois. Ici, comme dans toute la Picardie, le blé était la grande richesse.
En 54 avant Jésus-Christ, César établit des dépôts de blé à Samarobriva. Les Gallo-Romains travaillèrent la terre et construirent des routes. Ils ouvrirent une voie romaine entre Amiens et Saint-Quentin. C'est l'actuelle nationale 336.
A l'époque gallo-romaine l'empereur Auguste divisa administrativement en 4 provinces dont la Belgique. Les Romains ne pouvant défendre un aussi vaste empire contre les Barbares, le désordre s'étendit dans tout le pays et le brigandage resta impuni. Chacun alla chercher sa sécurité où il put et se soumit au plus fort. Des villages entiers se recommandèrent aux seigneurs qui devinrent bientôt plus puissants que le roi et guerroyèrent entre eux. Nous arrivons à la féodalité.

 


Accueil | Sommaire | Le blason | Géographie physique | Géographie humaine | Vie collective
Vie économique | Faits et évènements | Personnages | Liens | Contacts